Jauges à relevé manuel

Une jauge à relevé manuel se lit sur place, à l’œil ou au pied à coulisse, sans alimentation, sans pile et sans maintenance. C’est la forme de surveillance la plus ancienne et, dans bien des cas, la plus pertinente : quand le point de mesure est accessible et qu’un passage mensuel ou trimestriel suffit, elle donne exactement la même information qu’un capteur connecté, pour une fraction du coût.

Choisir selon le phénomène observé

Le mouvement à mesurer commande le choix de l’instrument. Pour une fissure qui s’ouvre dans un seul plan, un témoin de type G1 suffit. Si la fissure glisse en plus de s’ouvrir, il faut un instrument à deux axes, capable de lire simultanément l’écartement et le cisaillement. Un décalage entre deux parties d’un ouvrage relève du désaffleurement, un mur qui perd son aplomb de l’inclinaison, une poutre qui travaille de la flexion. À chacun correspond une géométrie de jauge différente, et poser le mauvais instrument revient à mesurer précisément la mauvaise chose.

Mécanique ou numérique

Les jauges mécaniques se posent par collage ou par vissage en quelques minutes et restent en place pendant toute la durée de l’observation. Leur résolution va du dixième au demi-dixième de millimètre selon les modèles, ce qui couvre la grande majorité des désordres du bâtiment.

Le fissuromètre numérique répond à un autre besoin. Seules les platines restent sur l’ouvrage ; l’appareil de mesure, lui, se déplace d’un point à l’autre. Un même instrument suit ainsi des dizaines de fissures au dixième de centième de millimètre, ce qui en fait l’outil de l’expert qui instrumente plusieurs points sur un même site.

Le relevé ne vaut que s’il est conservé

Une mesure isolée ne dit rien. C’est la série qui révèle si une fissure s’aggrave, se stabilise ou suit simplement les cycles saisonniers. L’application Saugnac archive chaque relevé, lit automatiquement la valeur des jauges G1 à partir d’une photo, et produit les graphiques d’évolution qui iront dans le rapport. Elle est fournie avec les instruments.

Quand préférer le suivi à distance

Le relevé manuel atteint ses limites dans trois situations : un point difficile d’accès, une fréquence de mesure élevée, ou un seuil d’alerte à surveiller en continu. Les capteurs connectés prennent alors le relais, et les deux approches cohabitent très bien sur un même ouvrage.